Une découverte clé sur la réparation de l’ADN
Une étude canadienne à laquelle ont contribué Cloé Laflamme, Élise G.-Lavoie et la professeure Amélie Fradet-Turcotte a mis en lumière le rôle d’une partie de la protéine TONSL dans la réparation des dommages à l’ADN.
Chaque jour, notre ADN subit des milliers d’agressions qui peuvent créer des erreurs dans notre code génétique. Pour éviter que ces erreurs ne causent des maladies graves, comme le cancer, nos cellules doivent compter sur des mécanismes biologiques de réparation.
En collaboration avec l’équipe du professeur Jean-François Couture de l’Université d’Ottawa, elles ont découvert comment les interactions étroites entre la protéine TONSL et l’histone H3.1 contribuent à préserver l’intégrité de notre génome au fil des divisions cellulaires. Les histones sont de petites protéines autour desquelles notre ADN s’enroule, un peu comme du fil autour d’une bobine.
« Notre étude révèle comment TONSL interprète plusieurs signaux chimiques sur l’histone H3.1. Elle permet de mieux comprendre comment cette fonction pourrait servir à repérer précisément les zones où elle intervient pour protéger le matériel génétique », explique Cloé Laflamme, étudiante à la maîtrise et deuxième auteure de l’étude.
L’étude a ainsi révélé que la protéine TONSL est capable de reconnaître et de combiner plusieurs petites étiquettes chimiques présentes sur l’histone H3.1. Certaines agissent comme des signaux d’attraction indiquant à la protéine exactement où se fixer pour déclencher la réparation, tandis que d’autres agissent comme des verrous qui la bloquent au bon moment.
Pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont mis au point une nouvelle méthode qui permet de mesurer avec précision l’action de cette protéine dans la réparation d’ADN endommagé dans des cellules humaines.
Ils ont observé que les mutations de TONSL observées chez les patients atteints de la dysplasie SPONASTRIME brisent ce point d’attache. Privée de ses poignées, la protéine mutée devient incapable de s’accrocher à l’histone et ne peut plus contribuer à la réparation. La dysplasie SPONASTRIME est une maladie génétique rare qui affecte la croissance osseuse.
« Cette découverte révèle que différentes parties d’une même protéine agissent comme un GPS : elles la conduisent au bon endroit, au bon moment, pour protéger notre ADN. Comprendre ces mécanismes est essentiel, à la fois pour concevoir de nouveaux traitements et pour expliquer comment, lorsqu’ils fonctionnent mal, ils peuvent mener à des maladies génétiques », explique Amélie Fradet-Turcotte, professeure titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.
Les signataires affiliés au centre de recherche de l’étude publiée dans Science Advances sont : Cloé Laflamme, Élise G. Lavoie et Amélie Fradet-Turcotte.