Un nouveau biomarqueur pour prédire l’insuffisance rénale aigüe
Québec, le 8 octobre 2026 – Une équipe de recherche de CHU de Québec-Université Laval et de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec — Université Laval, deux établissements de Santé Québec, a identifié un outil diagnostique prometteur qui pourrait permettre de prédire l’insuffisance rénale aigüe chez les patients subissant une chirurgie cardiaque.
Touchant près d’une personne hospitalisée sur quatre, l’insuffisance rénale aigüe est une complication médicale majeure qui survient lorsque les reins cessent soudainement de fonctionner. Souvent asymptomatique, cette maladie entraîne le décès de plus de 300 000 personnes hospitalisées chaque année en Amérique du Nord.
Actuellement, l’insuffisance rénale aigüe est principalement diagnostiquée à l’aide de la créatinine sanguine, un marqueur qui ne devient détectable qu’environ 24 heures après l’apparition des premiers dommages aux reins.
Selon une étude dirigée par Sylvie Breton, professeure à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, en collaboration avec le Dr Siamak Mohammadi, chirurgien cardiaque et chercheur au centre de recherche de Santé Québec — Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval, aussi professeur de clinique à l’Université Laval, il serait possible de détecter une insuffisance rénale aigüe directement sur la table d’opération.
« Pendant qu’un patient est encore endormi sur la table d’opération, nos marqueurs nous indiquent déjà qu’il développera une insuffisance rénale aigüe », explique la professeure Breton. Ces précieuses minutes permettraient aux équipes médicales d’assurer une surveillance auprès des patients vulnérables et d’intervenir plus rapidement au moyen des outils thérapeutiques à leur disposition.
La professeure Breton et son équipe se sont intéressées à une famille de molécules appelées UDP-sucres, des signaux d’alerte libérés par les cellules rénales lorsqu’elles subissent un stress. Lors d’une chirurgie cardiaque, les reins sont soumis à un stress important et les cellules endommagées libèrent alors ces UDP-sucres, déclenchant une réaction inflammatoire.
« Nous avons observé que les UDP-sucres apparaissent dans l’urine pendant que le patient est encore sur la table d’opération. Ils sont détectables très tôt, bien avant que les méthodes diagnostiques actuellement utilisées puissent révéler le problème », souligne la professeure Breton.
À plus long terme, l’équipe de recherche espère développer une thérapie préventive capable d’empêcher ces molécules d’activer leur récepteur inflammatoire. L’administration d’un tel traitement avant une chirurgie cardiaque permettrait ainsi de réduire à la fois l’incidence et la gravité de l’insuffisance rénale aiguë.
L’étude clinique a été menée auprès de 100 personnes subissant une chirurgie cardiaque, recrutées entre 2021 et 2024 à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval, un établissement de Santé Québec. Les résultats ont été publiés dans l’American Journal of Physiology – Heart and Circulatory Physiology.