Grâce à un investissement majeur de 3,75 millions de dollars de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), les professeures Lynn Gauthier et Stéphanie Bernard piloteront une nouvelle infrastructure de recherche d’envergure pour améliorer les soins de soutien et de réadaptation en oncologie.

Intitulée LAVIE : Laboratoires vivants en oncologie pour les soins de soutien et de réadaptation, cette initiative vise à redéfinir et transformer les soins en plaçant la qualité de vie des personnes vivant avec et après un cancer au cœur des priorités.

Plus de 1,5 million de personnes au Canada vivent aujourd’hui avec ou après un cancer. Ces personnes font face à des séquelles persistantes (douleurs, fatigue, troubles génito-urinaires ou limitations fonctionnelles), et les connaissances actuelles demeurent limitées quant aux meilleures méthodes de prévention et de traitement.

« Avec LAVIE, nous souhaitons répondre à ce besoin urgent à l’aide d’une infrastructure qui permettra de mener des recherches visant à mieux comprendre les causes et l’évolution des symptômes liés au cancer, à développer et tester des interventions innovantes, et à améliorer concrètement la qualité de vie, l’autonomie et l’équité d’accès aux soins pour toutes les personnes touchées par le cancer au Canada », mentionne la professeure Stéphanie Bernard.

À terme, ce projet offrira aux patients de l’est du Québec, desservis par le CHU de Québec–Université Laval, un accès à des soins personnalisés et fondés sur les données probantes.

« La plateforme LAVIE s’appuiera sur un registre unique de données en soins de soutien et de réadaptation pour accélérer la recherche et faciliter l’intégration rapide des résultats dans les milieux cliniques. L’objectif est de réduire l’écart entre la recherche et la pratique, afin que des interventions personnalisées et fondées sur des données probantes améliorent concrètement les soins et la qualité de vie des personnes touchées par le cancer », souligne la professeure Lynn Gauthier.

Lynn Gauthier et Stéphanie Bernard sont professeures à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuses au sein de l’axe Oncologie du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. Elles consacrent leurs travaux à l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints d’un cancer. Leur approche intégrée fusionne la gestion des symptômes et la réadaptation pour offrir des soins innovants et accessibles sur l’ensemble de la trajectoire oncologique.

Une infrastructure de recherche transdisciplinaire

Située au Centre intégré de cancérologie du CHU de Québec–Université Laval, la plateforme LAVIE mobilisera une équipe transdisciplinaire incluant des chercheurs, des cliniciens et des patients partenaires ayant un savoir expérientiel.

« LAVIE repose sur une véritable structure collaborative qui réunit chercheurs, cliniciens, patients-partenaires, décideurs et experts en mobilisation des connaissances. En travaillant ensemble dès la conception des projets, nous créons des solutions ancrées dans la réalité clinique, plus pertinentes, plus équitables et plus rapidement accessibles aux personnes touchées par le cancer », ajoute la professeure Lynn Gauthier.

Le projet s’articulera autour de sept projets de recherche regroupés sous trois piliers fondamentaux, soit :

  • Soins standards en oncologie : meilleure compréhension et suivi des symptômes et du fonctionnement durant les traitements standards pour optimiser la gestion des symptômes.
  • Thérapies comportementales innovantes : le développement de nouvelles interventions pour soutenir le bien-être global.
  • Thérapies de neuromodulation : l’exploration de technologies de pointe et d’approches pharmacologiques novatrices pour améliorer les symptômes et les fonctions physiques et neurologiques.

Ces sept laboratoires, dont les activités seront menées en parallèle, bénéficieront d’équipements technologiques de haut niveau et permettront une évaluation exhaustive et multisystémique des patients, incluant l’analyse précise de la douleur, des fonctions sensorimotrices et du sommeil, ainsi que l’étude de la composition corporelle et de la santé pelvienne.

Le projet favorisera également la tenue d’une programmation d’activités physiques, l’évaluation de la condition physique et les essais cliniques en neuromodulation, tout en intégrant des technologies de télésanté pour assurer un suivi à distance efficace.

À ces capacités de diagnostic physique s’ajouteront une clinique de risque personnalisé du cancer, un espace dédié aux entretiens de recherche qualitative pour recueillir le savoir expérientiel des patients, ainsi qu’un hub de traitement de données transdisciplinaires qui centralisera les informations recueillies. De plus, un espace collaboratif sera mis à la disposition des équipes afin de soutenir la cocréation et la planification de projets innovants.

« Nous sommes extrêmement enthousiastes face au potentiel de LAVIE de transformer la qualité de la survie au cancer grâce à des soins de soutien et de réadaptation fondés sur l’innovation. Cette initiative nous permet d’envisager un avenir où chaque personne vivant avec ou après un cancer aura accès à des soins équitables, personnalisés et efficaces, véritablement centrés sur la santé durable et la participation sociale », ajoute la professeure Stéphanie Bernard.

Les subventions de la Fondation canadienne pour l’innovation proviennent du Fonds d’innovation, auquel s’ajoutent une somme du gouvernement du Québec ainsi que des contributions des partenaires de l’Université Laval.