Une avancée prometteuse pour les maladies auto-immunes
Une équipe de recherche du CHU de Québec-Université Laval a mis au point une stratégie thérapeutique innovante pour traiter et prévenir certaines maladies auto-immunes. Testée sur un modèle animal, cette preuve de concept pourrait freiner la progression de ces pathologies grâce à des médicaments capables d’interférer avec les anticorps responsables.
Cette approche a été élaborée par Luc Vallières, professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au CHU de Québec-Université Laval (CHU). Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Les maladies auto-immunes sont à l’origine de nombreuses affections chroniques, comme la sclérose en plaques ou le lupus. Elles surviennent lorsque le système immunitaire se dérègle et attaque ses propres cellules par l’intermédiaire d’auto-anticorps. Cette réaction déclenche une inflammation qui endommage les tissus sains et provoque des symptômes graves et persistants.
« Actuellement, les stratégies thérapeutiques pour contrer les auto-anticorps sont très limitées. Nous sommes parvenus à développer un médicament capable de les bloquer efficacement », explique le professeur Vallières.
Une approche ciblée pour limiter les attaques immunitaires
La méthode mise au point par l’équipe consiste à produire des anticorps synthétiques qui reconnaissent les mêmes cibles que les auto-anticorps et les neutralisent. Une mutation introduite par manipulation génétique empêche ces anticorps modifiés d’activer la réponse immunitaire à l’origine des maladies auto-immunes.
Les chercheurs ont validé cette approche chez des souris atteintes d’une maladie auto-immune appelée MOGAD, qui a été récemment découverte chez l’humain. Apparentée à la sclérose en plaques, cette affection implique des auto-anticorps qui ciblent la protéine MOG, située dans la myéline, la gaine protectrice des cellules nerveuses.
« À court terme, notre approche pourrait offrir une option thérapeutique pour la MOGAD et contribuer à prévenir la dégénérescence du tissu nerveux. Chaque attaque contre le système nerveux laisse des séquelles qui s’accumulent et peuvent mener à un handicap », souligne-t-il.
Selon le chercheur, ce concept pourrait être appliqué à d’autres maladies auto-immunes impliquant des auto-anticorps.
« Il faudrait identifier les anticorps responsables et concevoir des anticorps modifiés capables de se lier aux mêmes cibles. Nos prochains objectifs sont de produire des anticorps humains modifiés et, éventuellement, de les tester dans le cadre d’essais cliniques », conclut le professeur Vallières.
Pour visionner une courte vidéo vulgarisée de cette découverte, cliquez ici.
Sur la photo : Françoise Morin, professionnelle de recherche au CHU de Québec-Université Laval, et Luc Vallières, professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au CHU de Québec-Université Laval.