Dans le cadre d’un projet de recherche mené par la professeure Sophie Lauzier et le professeur Kévin Lavoie, le premier Forum pour des pratiques inclusives en oncologie s’est tenu le 20 mars dernier au Pavillon La Laurentienne de l’Université Laval.

Cette rencontre s’inscrivait dans le continuum de leur étude intitulée « Pour des soins en oncologie inclusifs : améliorer le parcours et l’expérience de soins des personnes de minorités sexuelles et de genre ». Il s’agit de l’une des premières études au Québec visant à documenter les besoins et les enjeux des personnes de minorités sexuelles et de genre touchées par un cancer.

La journée visait donc à stimuler les échanges, à partager les savoirs et à dégager des pistes d’action concrètes afin de mieux intégrer la diversité sexuelle et la pluralité des genres dans le parcours de soins en oncologie.

Près de 50 participantes et participants, provenant de différentes régions du Québec, ont pris part à l’avant‑midi de réflexion et au dîner de réseautage. Plusieurs personnes issues de la diversité sexuelle et de genre ayant vécu un diagnostic de cancer étaient présentes, ainsi que des représentants des équipes de soins, de la gestion du réseau de la santé, de la recherche et du milieu communautaire LGBTQ+ et en oncologie.

Une diversité de perspectives pour un enjeu commun

Les discussions se sont déroulées sous une formule dynamique de plénières et d’ateliers collaboratifs. Réparties en petits groupes pluridisciplinaires, les personnes participantes ont eu la chance, dans un premier temps, de réfléchir et de s’exprimer sur des mises en situation inspirées de faits vécus. Ces témoignages ont été conçus à partir de propos recueillis par l’équipe de recherche dans une première phase du projet.

Les personnes participantes discutent en sous-groupe sur différentes mises en situation.

À la suite des échanges en sous‑groupe, le professeur Lavoie a animé une discussion groupée où chacune des tables a eu l’occasion d’en discuter et de proposer des pistes de solutions concrètes.

Les échanges ont permis de mettre en relief la présence encore fréquente de biais hétéronormatifs dans le parcours de soins des personnes de minorités sexuelles et de genre. Plusieurs ont insisté sur l’importance de soutenir et d’accompagner les personnes LGBTQ+ déjà fragilisées par la maladie, particulièrement après l’annonce du diagnostic.

Les conversations ont également mené à une réflexion sur la posture professionnelle des professionnels et professionnelles de la santé et des services sociaux. La nécessité de développer des outils permettant de mieux comprendre la réalité psychosociale des personnes LGBTQ+ en traitement et sensibiliser le personnel a été identifiée comme un levier important pour prévenir les microagressions qui peuvent être  rapportées en contexte clinique. Qu’il soit question de qualité de vie, de sexualité ou de rapport au corps, les valeurs et priorités personnelles ont été reconnues comme des éléments essentiels à placer au centre des consultations cliniques, des décisions thérapeutiques et de l’accompagnement.

L’importance de favoriser un environnement inclusif 

Le forum a aussi permis de réaffirmer la nécessité de créer un environnement de soins véritablement inclusif, fondé notamment sur l’utilisation d’un langage inclusif et non genré, ainsi que sur une formation continue élaborée en collaboration avec le milieu communautaire.

Le professeur Kévin Lavoie anime les échanges en groupe du Forum.

Plusieurs personnes participantes ont proposé l’implantation d’outils durables et la désignation de personnes responsables au sein des grands établissements de santé afin d’assurer la cohérence et la pérennité des efforts déployés.

Les échanges ont également mis de l’avant l’importance d’intégrer plus tôt les réalités de la diversité sexuelle et de genre dans la formation des professionnels et professionnelles de la santé, tout en encourageant les gestionnaires à soutenir les changements structurels nécessaires à l’adoption durable de pratiques inclusives.

Malgré les défis soulevés, les témoignages et les discussions de la journée ont laissé émerger beaucoup d’optimisme. La volonté collective de bâtir un système de santé où chaque personne, quelle que soit son identité ou son orientation, se sent vue, respectée et pleinement considérée apparaît aujourd’hui plus tangible que jamais.

À propos du projet de recherche

Professeure titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval, Sophie Lauzier est co-chercheuse principale du projet. Kévin Lavoie, professeur agrégé à la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval et également chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval, est aussi co-chercheur principal.

Le projet de recherche est financé par l’Oncopole, pôle cancer du Fonds de recherche du Québec. L’équipe organisatrice du forum tient à souligner la contribution des membres du Comité d’encadrement du projet Oncologie inclusive qui inclut des patient·es-partenaires ainsi que les organismes partenaires suivant : la Fondation cancer du sein du Québec, PROCURE, l’Alliance Arc‑en‑ciel et la Fondation Émergence.