Dans une étude publiée dans la revue Brain Behavior and Immunity, le professeur Ayman ElAli et son équipe de l’axe Neurosciences ont révélé le mode d’action de la protéine DKK1 et son rôle dans la sévérité de l’AVC.

Le professeur ElAli a été invité à l’émission radiophonique Première heure d’ICI Radio‑Canada Première pour présenter sa découverte. Il y explique notamment comment celle‑ci pourrait mener à de nouvelles approches thérapeutiques visant à limiter les dommages causés par l’AVC.

Vous pouvez écouter l’entrevue en cliquant ici

À propos de l’étude

Un taux élevé de la protéine DKK1, Dickkopf-1, dans la circulation sanguine des personnes qui ont subi un accident vasculaire cérébral (AVC) serait associé à un mauvais pronostic à court et à long terme. Une équipe de l’Université Laval a découvert le mode d’action de la protéine et son rôle dans la sévérité de l’AVC. L’étude, publiée dans la revue Brain Behavior and Immunity, ouvre ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

La protéine DKK1 bloque des mécanismes spécialisés du cerveau qui servent à contrôler la stabilité du système sanguin et l’inflammation. «Elle est vraiment à l’intersection entre l’inflammation, les problèmes vasculaires et les fonctions cérébrales, d’où notre intérêt à l’étudier», indique Ayman ElAli, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, qui a dirigé l’étude.

À l’aide d’animaux transgéniques qui permettent d’ajuster les taux de DKK1, l’équipe a découvert que le cerveau, après un AVC, envoie des signaux à la moelle osseuse pour qu’elle augmente la production de la protéine DKK1 dans le but de moduler la réponse inflammatoire. Or, les niveaux de DKK1 sont déjà élevés dans la grande majorité des maladies considérées comme des facteurs de risque liés aux AVC, comme l’obésité, le diabète ou les maladies inflammatoires. L’excès de production de la protéine provoque alors des effets néfastes qui amplifient la sévérité du problème.

Les scientifiques ont observé le trajet de la protéine de la moelle osseuse au cerveau, en passant par la circulation sanguine. La protéine DKK1 inhibe la capacité du cerveau à récupérer, en empêchant le rétablissement des fonctions vasculaires, par exemple. En effet, des taux élevés perturbent le flux sanguin. À cela s’ajoute un dérèglement de l’inflammation. «Les cellules inflammatoires entrent de façon exagérée dans le cerveau, exacerbant la réponse inflammatoire, ce qui augmente les pertes neuronales», explique le professeur ElAli.

Source : Université Laval. Image : Getty Images, peterschreiber.media