La Dre Marie Plante est la récipiendaire du prix Lumière – Contribution exceptionnelle en Santé, remis par l’Université Laval lors du Gala des prix d’excellence en recherche, création et innovation, le 31 mars dernier.

Ce prix reconnaît un apport exceptionnel à la recherche, dont l’éclairage inédit sur un champ d’études majeur a entraîné des retombées significatives pour la discipline et les pratiques cliniques.

La Dre Plante a dirigé une importante étude collaborative d’envergure internationale qui a démontré qu’une hystérectomie simple constitue une option sécuritaire pour les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus à un stade précoce et à faible risque. Une hystérectomie simple est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer l’utérus, et parfois le col de l’utérus, sans enlever les tissus autour ni les ligaments profonds.

L’aspect novateur de cette découverte repose sur la réévaluation d’un standard chirurgical en place depuis plusieurs décennies, soit l’hystérectomie radicale. Cette intervention plus extensive implique le retrait de l’utérus, du col et des tissus environnants, et est associée à un risque accru de complications, de séquelles fonctionnelles et à une altération durable de la qualité de vie des patientes.

Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l’innovation à l’Université Laval, et la Dre Marie Plante, gynécologue‑oncologue et chercheuse universitaire clinicienne au CHU de Québec–Université Laval. Crédits photo : Dany Vachon

Publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine (NEJM), cette étude marque donc un changement de paradigme majeur. Elle propose une approche chirurgicale moins invasive, associée à une meilleure qualité de vie pour les femmes touchées, et susceptible de favoriser un accès plus large à des interventions sécuritaires dans les pays à revenu faible, où les ressources chirurgicales spécialisées sont limitées.

L’essai randomisé CX5/SHAPE, mené par le Canadian Cancer Trials Group (CCTG), a d’ailleurs recruté une cohorte de plus de 700 femmes provenant d’une douzaine de pays, dont près du quart au Canada.

En démontrant qu’une chirurgie moins invasive offre des résultats équivalents en matière de santé, la Dre Plante a introduit une approche centrée sur la réduction des séquelles et l’amélioration de la qualité de vie, sans compromettre l’efficacité des traitements.

Depuis la publication de cette étude, l’équipe de recherche de la Dre Plante a poursuivi ses travaux afin d’approfondir l’impact de la désescalade chirurgicale, notamment dans le Journal of Clinical Oncology, l’International Journal of Gynecological Cancer et l’International Journal of Surgery en 2025.

La Dre Plante est professeure titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval, gynécologue‑oncologue au CHU de Québec–Université Laval et chercheuse universitaire clinicienne au sein de l’axe Oncologie du Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval. Elle a également cofondé le Centre d’information sur le cancer de l’Hôtel‑Dieu de Québec en 1998, ainsi que la Clinique pour les cancers familiaux de l’Hôtel‑Dieu de Québec, qu’elle codirige depuis 1997.

Par son audace, la rigueur de sa démarche et la portée de ses travaux, la Dre Plante a profondément transformé la pratique chirurgicale en oncologie gynécologique. Son engagement démontre qu’une recherche orientée vers l’amélioration des soins peut mener à la redéfinition des standards cliniques et rehausser la qualité de vie des patientes, et ce, même à l’échelle mondiale.