Avancée majeure dans le traitement du cancer du col de l’utérus

Les résultats d’une nouvelle étude démontrent qu’une hystérectomie simple est une option sécuritaire pour les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus.

5 juin 2023, Québec — Un essai clinique international de phase 3 dirigé par le Groupe canadien des essais sur le cancer (CCTG) en collaboration avec le Gynecological Cancer InterGroup (GCIG) conclut qu’une hystérectomie simple avec évaluation ganglionnaire pelvienne est une option de traitement sécuritaire pour les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus à un stade précoce et de faible risque et peut aider à améliorer la qualité de vie des patientes. Les résultats de la recherche CX5/SHAPE ont été présentés lors de la réunion annuelle 2023 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) le 2 juin dernier par la responsable de l’étude la Dre Marie Plante, gynécologue oncologue au CHU de Québec-Université Laval.

L’hystérectomie simple implique d’enlever l’utérus et le col de l’utérus, alors que l’hystérectomie radicale implique d’enlever en plus les tissus avoisinants l’utérus (paramètres) et 1-2 cm de vagin. Cette chirurgie est plus complexe, plus radicale et demande une formation/expertise chirurgicale plus grande. Elle est aussi associée à un risque potentiellement plus élevé de complications chirurgicales et d’effets secondaires à court et long terme sur la qualité de vie et la santé sexuelle des patientes. L’essai clinique démontre que le traitement des cancers du col de l’utérus, à un stade précoce et de faible risque, peut être traité de façon sécuritaire par une hystérectomie simple plutôt qu’une hystérectomie radicale (actuellement le standard de soin).

« Ces résultats sont importants parce qu’ils démontrent, pour la première fois, que l’hystérectomie simple est une option sécuritaire pour les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus à faible risque à un stade précoce. Il est toutefois très important de sélectionner soigneusement les patientes éligibles à un traitement moins radical afin de s’assurer que les patientes rencontrent bien les critères de sélection de l’étude», a déclaré la Dre Marie Plante, responsable de l’étude CX5 et gynécologue oncologue au CHU de Québec-Université Laval, Canada. « Cet essai influencera probablement la pratique, en offrant un nouveau standard de traitement plus approprié pour les patientes atteintes d’une maladie à faible risque. »

L’étude a examiné le taux de récidive pelvienne à trois ans chez les patientes recevant une hystérectomie radicale par rapport à celles ayant subi une hystérectomie simple. La survie sans récidive pelvienne et extrapelvienne, la survie sans rechute et la survie globale étaient comparables entre les deux groupes de l’essai clinique. Cependant, moins de complications chirurgicales urologiques peropératoires et moins de problèmes de vessie immédiats et à long terme ont été observés dans le groupe ayant subi une hystérectomie simple. De plus, plusieurs aspects de la qualité de vie, tels que l’image corporelle, la douleur et la santé sexuelle, étaient aussi systématiquement plus favorables suite à l’hystérectomie simple.

Il s’agit d’une étude internationale et randomisée, ayant recruté 700 patientes dans le monde entier (12 pays et 130 centres hospitaliers). La moitié des patientes ont reçu l’hystérectomie radicale et la moitié l’hystérectomie simple (avec évaluation ganglionnaire dans les 2 cas). A noter, que plus du quart des patientes recrutées dans l’étude provenait de centres canadiens (186 patientes), dont 104 de la Province de Québec et 30 en provenance du CHU de Québec, donc une contribution canadienne et québécoise significative !

À propos du cancer du col de l’utérus

À l’échelle mondiale, le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus diagnostiqué et la quatrième cause la plus fréquente de décès par cancer chez les femmes. Environ 44 % des femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus reçoivent un diagnostic de maladie à un stade précoce, dont une proportion importante répondra aux critères de cancer de faible risque, selon les auteurs de l’étude. Lorsqu’il est détecté à un stade précoce, le taux de survie relative à 5 ans pour le cancer invasif du col de l’utérus est de 92 %.

À propos du CHU de Québec-Université Laval

Regroupant depuis 2012 L’Hôtel-Dieu de Québec, l’Hôpital Saint-François d’Assise, l’Hôpital du Saint Sacrement, l’Hôpital de l’Enfant-Jésus ainsi que le CHUL et Centre mère-enfant Soleil, le CHU de Québec-Université Laval (CHU) est le plus important centre hospitalier universitaire du Québec et l’un des trois plus importants au Canada. Dispensant des soins généraux et spécialisés, mais surtout surspécialisés, le CHU dessert la population de tout l’est du Québec et du nord-ouest du Nouveau-Brunswick, soit un bassin de près de deux millions de personnes. Étroitement lié à l’Université Laval et orienté vers l’avenir, il est un pôle majeur en enseignement universitaire au Québec et détient également une mission de recherche dans de nombreux domaines d’excellence et d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé. Le CHU compte quelque 17 000 intervenants, dont près de 12 000 employés, 1 532 médecins, dentistes et pharmaciens, de même que 267 bénévoles. Son Centre de recherche est le plus imposant centre francophone de recherche en santé en Amérique du Nord, avec un budget annuel de 136,8 M$, 705 chercheurs, 1 423 employés et 1 178 étudiants aux cycles supérieurs. http://www.chudequebec.ca

 

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