Le professeur Tom (Thomas) Moss est membre du Département de Biologie Moléculaire, Biochimie Médicale et Pathologie (anciennement le Département de Biochimie) à la Faculté de Médecine de l’Université Laval depuis son recrutement de l’Université de Portsmouth, au Royaume Uni (RU), en 1986. Parallèlement, il est devenu Directeur de Recherche (DR) au Centre de Recherche sur le Cancer de l’Université Laval, et est maintenant RR dans le Groupe de Recherche Saint-Patrick en Oncologie Fondamentale dans la Division d’Oncologie du centre de recherche hospitalo-universitaire de Québec (CHU de Québec). Originaire de Portsmouth, dans le Sud de l’Angleterre, le Professeur Moss a obtenu son Baccalauréat (BSc hon.) en physique appliquée et un Doctorat en biophysique à l’Université de Portsmouth. Il a commencé à travailler sur la régulation des gènes à l’Institut de Biologie Moléculaire de l’Université de Zurich, avant de retourner à Portsmouth comme « Senior Lecturer » (Prof. Agrégé) et d’y établir son premier laboratoire. Sa carrière a été marquée par de nombreuses découvertes importantes à partir de la fin des années 70, et il est maintenant reconnu internationalement comme expert dans son champ de recherche. Le professeur Moss a reçu plusieurs prix personnels durant sa carrière, incluant les bourses de l’EMBO, le Conseil Médicale de Recherche (CRM)-RU, le CRM-Canada et le FRSQ; il a également été nominé comme Scientifique du CRM-Canada et Directeur de recherche du CNRS en France.

Le ribosome, les maladies génétiques, et le cancer
Le ribosome est responsable du décodage de notre matériel génétique et est également le seul média de fabrication des protéines. Il est la plus grosse « enzyme » connue. L’effort nécessaire pour fabriquer les 3 à 4 millions de ribosomes dans chaque cellule humaine représente donc une sérieuse limitation de sa croissance. Pour se développer, les cellules cancéreuses doivent augmenter leur production de ribosomes, un processus connu sous le nom de biogénèse ribosomale, ce qui les rend métaboliquement vulnérables. Les oncogènes tels que MYC et RAS rendent les cellules sensibles à ce que l’on appelle le stress nucléolaire, une voie de surveillance qui lie la diminution de la biogénèse ribosomale au suppresseur de tumeur central p53 (TP53), ce qui augmente leur sensibilité aux composés cytotoxiques. Certains nouveaux médicaments anticancéreux en tirent parti, ex. BMH21 et CX5461, et affichent quelques résultats prometteurs au niveau clinique. Cependant, nos données suggèrent également que plusieurs médicaments cytotoxiques existants, tel que le cisplatine, ciblent directement la biogénèse ribosomale. En outre, nous avons récemment montré qu’un blocage génétique de la biogénèse ribosomale provoque une mort cellulaire hautement pénétrante, indépendante de p53, des cellules cancéreuses, tout en laissant les cellules normales non affectées. Ces données suggèrent fortement que le ciblage de la biogénèse ribosomale par les médicaments pourrait offrir de nouveaux traitements importants contre le cancer.

Le ribosome est lui-même composé de deux tiers d’ARN et de seulement un tiers de protéines. Chez l’homme, les ARN ribosomiques sont produits à partir de 400 gènes qui forment des régions en tandem de l’ordre de la mégabase au niveau des régions organisatrices de nucléoles (NOR) sur les bras courts de 5 chromosomes acrocentriques. C’est la transcription de ces gènes qui crée les nucléoles, les usines de synthèses des ribosomes de la cellule au niveau de chaque noyau, et la taille de ces nucléoles est un marqueur fiable de l’agressivité des tumeurs. La transcription des gènes de l’ARN ribosomal génère le précurseur 47S, qui est dans un premier temps assemblé en particules pré-ribosomales, puis transformé en ARN matures et finalement en sous-unités du ribosome. Ce processus de biosynthèse des ribosomes implique plusieurs centaines de petits ARN non codants et plusieurs centaines de protéines. Les mutations dans les gènes de ces protéines sont responsables de maladies génétiques connues sous le nom de ribosomopathies, par ex. L’anémie de Diamond-Blackfan (DBA), la dyskératose congénitale (DC), et bien d’autres. Les gènes de l’ARN ribosomal sont également impliqués dans les translocations chromosomiques responsables du syndrome de Down, de la disomie uniparentale, etc. Ces translocations dites « Robertsoniennes » sont également étroitement liées à une série de cancers. Une partie de des travaux de recherche du Dr Moss consiste à comprendre le rôle que joue l’extinction partielle (« silencing ») des gènes de l’ARN ribosomal dans la prévention de ces anomalies chromosomiques. Étonnamment, nous avons découvert que cette extinction est complètement absente dans les premières cellules de l’embryon, les cellules souches embryonnaires (ESC), ainsi que dans certaines cellules cancéreuses. Nous émettons l’hypothèse que la perte de l’inactivation des gènes de l’ARN ribosomal répond aux besoins métaboliques accrus des cellules embryonnaires et précancéreuses, mais augmente également l’instabilité du génome, ce qui entraîne l’évolution du cancer. Nous cherchons des moyens de tester expérimentalement cette hypothèse, et donc de comprendre comment les cellules normales sont subverties dans le cancer, et quel est le rôle des cellules souches cancéreuses dans ce processus.

L'Hôtel-Dieu de Québec
9, rue McMahon
1744-3
Québec, Québec
Canada G1R 2J6
99 enregistrements « 10 de 10 »

Moss T, Birnstiel ML

The putative promoter of a Xenopus laevis ribosomal gene is reduplicated.

Article de revue

Nucleic Acids Res, 6 (12), p. 3733-43, 1979, ISSN: 0305-1048.

Résumé | Liens:

Boseley P, Moss T, Machler M, Portmann R, Birnstiel M

Sequence organization of the spacer DNA in a ribosomal gene unit of Xenopus laevis.

Article de revue

Cell, 17 (1), p. 19-31, 1979, ISSN: 0092-8674.

Résumé | Liens:

Cary PD, Moss T, Bradbury EM

High-resolution proton-magnetic-resonance studies of chromatin core particles.

Article de revue

Eur J Biochem, 89 (2), p. 475-82, 1978, ISSN: 0014-2956.

Résumé | Liens:

Bradbury EM, Moss T, Hayashi H, Hjelm RP, Suau P, Stephens RM, Baldwin JP, Crane-Robinson C

Nucleosomes, histone interactions, and the role of histones H3 and H4.

Article de revue

Cold Spring Harb Symp Quant Biol, 42 Pt 1 , p. 277-86, 1978, ISSN: 0091-7451.

| Liens:

Bohm L, Hayashi H, Cary PD, Moss T, Crane-Robinson C, Bradbury EM

Sites of histone/histone interaction in the H3 - H4 complex.

Article de revue

Eur J Biochem, 77 (3), p. 487-93, 1977, ISSN: 0014-2956.

Résumé | Liens:

Hartman PG, Chapman GE, Moss T, Bradbury EM

Studies on the role and mode of operation of the very-lysine-rich histone H1 in eukaryote chromatin. The three structural regions of the histone H1 molecule.

Article de revue

Eur J Biochem, 77 (1), p. 45-51, 1977, ISSN: 0014-2956.

Résumé | Liens:

Moss T, Stephens RM, Crane-Robinson C, Bradbury EM

A nucleosome-like structure containing DNA and the arginine-rich histones H3 and H4.

Article de revue

Nucleic Acids Res, 4 (7), p. 2477-85, 1977, ISSN: 0305-1048.

Résumé | Liens:

Moss T, Cary PD, Abercrombie BD, Crane-Robinson C, Bradbury EM

A pH-dependent interaction between histones H2A and H2B involving secondary and tertiary folding.

Article de revue

Eur J Biochem, 71 (2), p. 337-50, 1976, ISSN: 0014-2956.

Résumé | Liens:

Moss T, Cary PD, Crane-Robinson C, Bradbury EM

Physical studies on the H3/H4 histone tetramer.

Article de revue

Biochemistry, 15 (11), p. 2261-7, 1976, ISSN: 0006-2960.

Résumé | Liens:

99 enregistrements « 10 de 10 »
Signaler des ajouts ou des modifications

Projets actifs

  • Centre de recherche du CHU de Québec - Université Laval, Subvention, Centre hospitalier universitaire de Québec - Université Laval, Centres de recherche affiliés, du 2017-01-01 au 2099-12-31
  • Efficient and reliable shearing of chromatin for highthroughput, Subvention, Conseil de recherches en sciences naturelles et génie Canada, Subventions d'outils et d'instruments de recherche (OIR), du 2019-03-28 au 2020-03-31
  • Mechanism of Ribosomal RNA Gene Silencing and Its Roles in Pluripotency and Cancer, Subvention, Instituts de recherche en santé du Canada, Subvention Projet, du 2017-04-01 au 2022-03-31
  • Role of Misshappen (NIK/Msn) kinases and Extended-Synaptotagmins (E-Syts) in Wnt and FGF intracellular signaling pathways., Subvention, Conseil de recherches en sciences naturelles et génie Canada, Subventions à la découverte SD (individuelles et d'équipe), du 2017-04-01 au 2022-03-31

Projets terminés récemment

  • (FRSQ 78538)Régulation épigénétique des gènes d'ARN ribosomique, Subvention, Fondation du CHU de Québec, du 2017-04-11 au 2018-04-10
Information provenant du registre des projets de recherche de l'Université Laval