Une étude démontre que 10 ans de thérapie hormonale réduit les risques de récidive du cancer du sein

Les résultats d’un important essai clinique en cancer du sein viennent d’être  présentés au congrès annuel de  l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) à Chicago et publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine. Les chercheurs ont réussi à démontrer que les femmes ménopausées avec un cancer du sein hormonodépendant et ayant reçu 5 ans d’un inhibiteur de l’aromatase profitent du fait de prolonger l’utilisation de l’inhibiteur aromatase (AI) avec l’utilisation de letrozole (Femara) pour 5 années supplémentaires. Un inhibiteur aromatase est un médicament qui bloque la production d’œstrogène, hormone qui dans les cas de cancer du sein, favorise la croissance de ce type de tumeur.

L’essai clinique MA.17R du Groupe Canadien des Essais sur le Cancer comparait la poursuite d’un inhibiteur de l’aromatase, appelé letrozole, chez les patientes ménopausées avec un cancer du sein hormonodépendant par rapport à un placebo. Toutes les patientes avaient déjà reçu auparavant 5 ans d’inhibiteur de l’aromatase. Les résultats principaux ont été présentés durant la session plénière du congrès ASCO le 5 juin par le Dr Paul Goss du Massachusetts General Hospital et les résultats de la qualité de vie par la Dre Julie Lemieux du CHU de Québec-Université Laval le 6 juin.

En effet, les femmes qui ont reçu ce traitement pendant cinq ans supplémentaires avaient un risque de récidive inférieur de 34 % que celles qui ont reçu le placebo. Ainsi, après 6.3 ans de traitement, 95% des femmes du groupe letrozole ne vivaient pas de récidive ou de nouveau cancer du sein en comparaison à 91% dans le groupe placebo. Les résultats de la qualité de vie ont démontré qu’il n’y avait pas de différence dans la qualité de vie globale ou dans la qualité de vie associée à la ménopause pour les patientes qui ont pris du letrozole par rapport à celles qui ont pris le placebo.

« Cette présentation démontre l’importance de la recherche clinique faite par les groupes coopératifs. Le Centre des maladies du Sein du CHU de Québec participe activement à la recherche clinique», a déclaré la Dre Julie Lemieux, hémato-oncologue et chercheure au CHU de Québec-Université Laval, auteure principale de l’analyse des résultats de la qualité de vie qui ont été présenté ce jour à ce congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).

Le Centre traite ainsi, à lui seul à chaque année, plus de 13 % de tous les cancers du sein diagnostiqués au Québec.

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